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RSR La Première, «La fourchette du dimanche» par Forence Farion. 11.07.2010 de 12h à 12h30. RSR, Espace 2, «Entre les Lignes», interview dans le cadre de la semaine du goût. «Scène Magazine», critique de «Poupée» par Laurence de Coulon. 01.11.2009 TSR, le journal de 19.30, interview sur le phénomène Mylène Farmer, Viviane Gabriel. 04.09.2009 Swissinfo, «Une drôle de poupée», Rolf Kesselring. 23.08.2009 Le Temps, «Un garçon dans une poupée», Eléonore Sulser. 08.08.2009 Le Passe-Muraille, «Comme un Pinocchio martyrisé», Bruno Pellegrino. 07.2009 La Liberté, Laurence de Coulon, L'enfant dévoré, ou la famille selon Julien Burri. 27.06.2009 Coopération, Jean-Dominique Humbert, Zooms lancinants sur l’enfance. 16.06.2009 L'Hebdo, Isabelle Falconnier, «Récits sur assiette». 20.05.2009 Ephémerveille, blog littéraire de Lucas Vuilleumier, La poupée qui fait non. 17.05.2009 Marianne Huguenin parle de «Poupée» dans l'émission «Tard pour bar». 14.07.2009 à 22h50 Présentation et lecture de «Si seulement» au Musée jurassien d’art et d’histoire (MJAH) à Delémont. 07.05.2009 Interview sur Radio Fréquence Jura (RFJ). 07.05.2009, à 8h30 et à 13h15 Le Quotidien Jurassien, Yves-André Donzé, «Julien Burri, où le sentiment du lien». 02.05.2009 Terre et Nature, Léo Bolliger, «Les mots qui relient». 05.03.2009 Femina, Loyse Pahud, Petit-fils et fils-objet. 19.04.2009 |
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« La Poupée qui fait non » Poupée est la chose de sa mère. Telle une petite fille pour qui un poupon est un trésor, une « poupée vivante », la mère de cet étrange petit garçon en fait son objet, un petit objet précieux qu’il ne faut pas perdre, et que la mère garde sur elle, terrifiée à l’idée qu’il pourrait se casser, changer. Poupée, c’est l’histoire d’une enfance. Un livre aussi étrange et beau que le petit automate de la couverture est inquiétant et mignon. Etrange, oui, comme on dit de quelque chose qu’on ne parvient pas à classer, à répertorier. Comme on dirait d’une œuvre qui nous dérange autant qu’elle nous fascine. Julien Burri publie des livres depuis ses dix-sept ans. Poète avant tout, il a fait paraître, en 2008 un recueil magnifique, Si seulement (Samizdat), que l’on pourrait considérer comme annonciateur de cette dernière parution chez Bernard Campiche. En effet, le recueil, mettant des mots de prose poétique sur le rapport entre père et fils, préfigure quelques éléments de Poupée, en cela qu’on y trouve déjà cette déception paternelle que représente la différence du fils. Des poèmes au roman, le style change, bien évidemment, mais on remarquera toutefois une commune économie de mots, dont l’effet de pureté se fait puissamment ressentir dans les deux ouvrages. Un effet paradoxal puisque, dans l’un comme dans l’autre, il est justement question de la perte de cette pureté enfantine, de cette innocence. Mais comment perdre sa candeur lorsqu’on est une poupée ? C’est ce que raconte Julien Burri, au fil des pages, trahissant, sans vraiment d’autre possibilité, l’évidence même de ce livre, qui réside en ceci qu’il s’agit là davantage d’un petit garçon que d’une petite poupée… Il grandit… Et ce garçon solitaire, bien qu'il reste cloîtré dans la demeure familiale, va faire l’expérience du désir, ce que Julien Burri décrit avec remarquablement, en restant toujours très allusif. Le désir comme une fuite, même si Poupée aime sa mère – il ne pourrait faire autrement… Le temps passe et il grandit. Son corps, comme avec une certaine maladresse, se déforme. Et, de la mère, qui était omniprésente, on passe au père qui, lui, jusqu’au bout, alors que son épouse abandonne, tente de trouver le grain de sable dans les rouages de son fils : « J’ai peur que ce ne soit déjà en toi. J’ai pris des relevés, mesuré la distance entre tes épaules, la largeur de ton bassin. (…) C’est ce que je craignais. (…) La latéralisation montre que les invertis ont une préférence pour la main gauche. Je prie pour toi. » Mais, après un Rite de passage rappelant une sombre et virile coutume grecque, le fils semble persister dans sa différence, et le père n’osera plus jamais le toucher. Poupée, véritable ovni littéraire, déconcerte par sa grande part de fantasme qui, dans un flou artistique fort intéressant, mêle étroitement les imaginaires du personnage principal et, certainement, de son créateur. Infiniment troublant, ce roman interpelle son lecteur au point même, parfois, tant les sentiments et les sensations enfantines y sont rendues avec acuité, de réveiller une part de sa propre enfance |
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« Si seulement » Si Julien Burri fait de son dernier recueil une introspection très personnelle de lui-même en écrivant sur sa relation avec son père, son écriture reste la même, dans l’évanescence, comme un désespoir de la finitude, ce rapport à la terre, ces vers sensoriels. Les couleurs s'effacent, les corps vascillent, le noir se fait. Et dans ces poèmes intimes s’insinue la mélancolie, qui semble, pour Julien Burri, inhérente à chaque souvenir, d’un amour, ou celui d’un jour de jeux et de soleil. Alors que tout se dérobe, l’auteur remonte aux sources. L’enfance. Dans l’ombre paternelle, les peines et les rires, qui eux aussi cesseront bientôt. Dans Si seulement, le poète sonne le glas de l’innocence. Avec le temps viendront les abruptes vérités, auxquelles on ne peut échapper. « Plus de fils après mon fils / J’aurais dû en faire plusieurs ». La prose de Julien Burri distille une ambiance morne, un froid glacial, que traversent subrepticement quelques rais de lune, alors que la nuit tombe sur l’être aimé. Les mots renaissent des cendres froides du passé, de la suie des beaux jours. Dans ce recueil écrit comme serait peinte une aquarelle aux tons pastels, délavés, et avant que « La nuit s’ouvre / s’écarte / se referme », Julien Burri se saisit de l’éphémère et esquisse la neige qui fond et devient boue. |
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« Si seulement » Il vaudrait mieux faire court, car autrement, le risque est grand de ne jamais pouvoir en finir … tant chaque proposition soulève d'interprétations qui dépassent largement le point d'origine de ces poèmes que l'on peut lire comme un long poème en six mouvements : une rupture amoureuse. Un processus d'échos, propre à toute poésie mais ici particulièrement fécond, fait résonner tous les mots qui diffusent chacun les uns dans les autres, interfèrent les uns avec les autres. Ce jeu éveille autant d'émotions qu'il aiguise la réflexion. Quelques noms communs, roulés, tournés, retournés, usés, déjà présents dans « Jusqu'à la transparence » le précédent livre de poèmes de Julien Burri, reviennent, toujours renaissants : l'humus, la neige, l'os, les mots d'un corps morcelé, les mains surtout, le jour, la nuit, des couleurs qui pâlissent, un cri… Quelques verbes essentiels : plier, déplier, replier, ouvrir, fermer. D'autres mots encore, mais ils sont pris dans la répétition de ceux-ci, mouvement inexorable et mortel : curieusement, ce mouvement presque insupportable intensifie la vie des mots, leur redonne une force singulière en incluant l'expression de la vie humaine dans celle de lois biologiques qui l'enracinent dans celle de la terre, travail permanent de décomposition, de recomposition, de décomposition : L'enfant retourne la terre, Résineux enfouis, Os Le monde respire comme quelqu'un ou l'inverse, dans l'alternance d'une inspiration et d'une expiration qui écartèlent autant qu'elles rapprochent : Le jour figé Jeu si complexe, si confus, si obtus parfois, de l'obscur et de la lumière… |
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